mardi 26 mars 2013

Ma fashion list des collections Prêt-à-porter Automne/ Hiver 2013/2014 part.3 : Milan

Buongiorno a tutti ! Pour ce troisième volet des fashion weeks, direction l'Italie, à Milan. Certains défilés m'ont tellement plu que la quantité de photographies est encore plus importante qu'à mes posts précédents (bon, vous connaissez le refrain désormais sur la longueur de mes posts..."alerte...alerte..."). Je ne vais donc pas m'éterniser sur une longue intro, je vous laisse découvrir "le meraviglie da Milano" ;-)

Dolce & Gabbana
Quel somptueux défilé ! Il est des créateurs dont on reconnait la griffe rien qu'en observant le vêtement, de par le style. Dolce & Gabbana sont de ceux-là. Depuis quelques saisons ils puisent leur inspiration dans la culture sicilienne. Pour cette collection, ils se sont plus précisément inspirés de la religion avec la cathédrale Santa Maria Nuova de Monreale (au nord de la Sicile) et ses mosaïques byzantines. Le résultat est magnifique ! Des tenues aux tonalités ocres et dorées mettent en avant les icônes religieux comme la Vierge Marie. Tandis que d'autres nous renvoient dans les années 40 avec des robes en tweed gris pour le côté glamour, ou en dentelle blanche pour évoquer la pureté divine, et noire pour la sensualité et le mystère. Quant aux silhouettes au rouge cardinal, parfois incrustées de pierres, elles évoquent la passion. Domenico Dolce et Stefano Gabbana poussent l'opulence encore plus loin, en parant les mannequins de somptueux bijoux, de couronnes ornées de pierres semi-précieuses et d'autres accessoires tout aussi éclatants de lumière. Sous des airs de Fellini, ce défilé de madones était à la fois poétique et envoûtant !

Dolce & Gabbana 

Giorgio Armani
A l'image de la maison Giorgio Armani, cette collection allie modernité et intemporalité, et toujours dans une élégance discrète. Les silhouettes apparaissent essentiellement dans des ensembles pantalons. Les dominantes de couleurs sont le gris, le bleu et principalement le noir. Les pantalons sont fluides tandis que les vestes sont plus structurées, très couture. Le raffinement se voit également au travers des tissus que le créateur a utilisés tels que le velours, le satin et la soie. Les robes, principalement longues, sont plutôt destinées au soir, avec des décolletés profonds et des découpes d'inspiration japonaise, façon origami. Coup de coeur pour cette robe en velours noir, dont le décolleté est juste retenu par un bouton et recouvert par deux pans en éventail, façon ailes d'ange. Des garçonnes oui, mais très féminines !

Giorgio Armani

Gianfranco Ferrè
Beaucoup d'allure pour cette collection.  Sous des airs de déesses guerrières, les silhouettes apparaissent dans de somptueuses tenues aux formes architecturales. Pas de bouton pour fermer les vestes, manteaux et autres tenues ouvertes, mais plutôt de longues ceintures avec de grandes boucles, qui donnent du caractère à la silhouette. Les robes et jupes sont majoritairement longues et fluides. La collection démarre avec beaucoup de blanc et de noir, puis arrivent un magnifique bleu klein, un nude et un brun. Et pour parfaire les looks, Stefano Citron et Federico Piaggi ont ajouté un collier aux allures de plastron, ce qui leur ajoute de l'assurance. J'aime beaucoup ce premier modèle avec cette veste blanche XXL dont le revers de col vient envelopper le buste telle une écharpe. Collection résolument forte et sensuelle !

Gianfranco Ferrè

Emporio Armani
Comme sa grande soeur, la ligne Giorgio Armani, la collection Emporio Armani a des allures de garçonne. Elle démarre toute en douceur avec des coloris pastels tels que vert anis, lavande, bleu pastel, nude, gris perlé... La tendance ici est aussi au rétro, avec ces petits chapeaux années 20 que j'aime beaucoup. Les coupes se veulent très fluides, avec des formes arrondies. Arrivent ensuite des tenues en soie imprimée qui donnent  un petit air d'orient, sous des vestes en fourrure tissées de rubans en velours, donnant un effet matelassé. Le défilé se termine avec de magnifiques tenues sculpturales en néoprène recouvert de velours, dans des tons soutenus comme le vert bouteille ou le violet foncé. On retrouve à nouveau cette inspiration japonaise avec ces plis façon origami. Décidément, ce que le rétro est beau !

Emporio Armani

Aquilano Rimondi
Moi qui aime l'univers de Tim Burton, je ne pouvais pas passer à côté de cette collection. Tommaso Aquilano et Roberto Rimondi se sont inspirés du film du réalisateur enchanteur Alice aux pays des merveilles. Les créateurs partent de l'idée que la jeune femme, au départ fragile, évolue en une femme forte pour se défendre de la Reine de coeur. Ainsi le romantisme laisse place au pragmatisme, avec des silhouettes pleine d'assurance. Et pour cela, les créateurs ont emprunté du vestiaire masculin les longs manteaux sur mesure. Les jupes évasés et les robes droites rappellent les années 50, dans des mélanges vert et or, burgundy, noir, gris, bleu cobalt ou dans un rouge plus vermillon . L'imprimé coeur, en référence à la fameuse Reine rouge, est présent en all over sans pour autant paraître too much. Cette collection se veut d'une élégance discrète grâce aux tissus d'hiver tels que le Prince de Galles ou le tweed. Le côté assurance est renforcé avec les imprimés tartans. Des tenues à la fois girly et femme ! 

Aquilano Rimondi
Luisa Beccaria
Pour cette collection, Luisa Beccaria a choisi l'élégance intemporelle des années 30. La créatrice s'est inspirée du travail du peintre espagnol Federico Beltran Masses sur les portraits de femmes puissantes à Hollywood entre les deux guerres mondiales. Il en ressort de longues robes aux couleurs blanc, gris, noir, or, bleu émeraude et vert acidulé. La ligne est près du corps avec des tailleurs minces, en tweed bouclé ou en dentelle macramé extensible. On retrouve parfois un look à la Katharine Hepburn avec un cardigan brodé rentré dans un pantalon taille haute, mais ce sont principalement des robes cocktail aux manches longues qui défilent. J'aime cette petite robe verte à jupe ample, avec une superposition de tulle noir brodé, qui est sans doute la tenue la plus révélatrice de son inspiration picturale.

Luisa Beccaria

Dsquared2
Les frères Caten ont repris le thème utilisé pour la collection homme dont je vous avais parlé en janvier dernier, sur fond de club de jazz des années 50.  Après une première tenue très féminine dans une longue robe de soirée en soie et plume, les silhouettes, parées de bijoux, défilent dans des looks inspirés de la mode masculine. On y voit des pantalons larges à pinces, des smokings croisés et de longs manteaux en flanelle, tweed ou laine. Le tout accessoirisé par des noeuds papillon ou des cravates, ainsi que de hauts panamas colorés. Pour adoucir ces tenues, les créateurs mettent également en avant des silhouettes très féminines avec des jupes crayon à la taille haute, des petits hauts en soie très décolletés, des chemises à col lavallière ou encore de longues robes brodées de strass, l'ensemble accessoirisé par de longs gants et parfois le fameux fume-cigarette à la main. J'adore cette mise en scène, non seulement pour le côté rétro, mais aussi pour l'assurance féminine qu'il s'en dégage, c'est à la fois sensuel et plein de charme !

Dsquared2
Genny
Pour cette collection Gabriele Colangelo a voulu une ligne chic et minimaliste. Le créateur s'est inspiré d'un élément important de la garde-robe, la veste. Le résultat est une collection urbaine sans chichis, sans surcharge d'accessoires, mais juste des tenues très structurées. Ce sont des lignes épurées, et très graphiques avec des costumes à fines rayures où le créateur y intègre de la soie, de la fourrure ou du cuir, ce qui crée un beau mélange d'agressivité et de douceur en même temps. J'aime beaucoup cette longue robe couleur or avec cette bande graphique noire qui vient, à la manière d'une serviette, envelopper le corps. Elle révèle de manière discrète les formes féminines. Collection très architecturale !

Genny
Angelo Marani
Voici une collection qui ose les mélanges d'imprimés et de couleurs. Le créateur a plutôt travaillé sur une ligne de petites robes et jupes courtes ou juste au dessus du genou. Les imprimés floraux se retrouvent sur des motifs pied-de-poule , tandis que les imprimés animaliers se confondent à des motifs graphiques. Mais ce que j'ai préféré ce sont ces tenues très simples, avec la robe (blanc ou blanc et noir) et les accessoires bicolores comme les gants ou les chaussures. Cette robe et ce manteau aux motifs floraux font beaucoup d'effet. Des tenues qui apportent plein de fraîcheur !

Angelo Marani
Marco de Vincenzo
Fidèle à son pays, Marco de Vincenzo a créé cette collection autour de l'Italie. Le créateur a recherché les tissus en s'inspirant des couleurs, des motifs marbrés et des marqueteries de Rome. Il en résulte des tenues dans des textiles spéciaux, avec des impressions chinées, mouchetées, des motifs chevrons et des effets d'optique. Le cuir est plissé en éventail pour donner un effet ample aux robes et jupes. J'aime beaucoup cette robe ou cette cape en fourrure avec des bandes de Vinyle, très original ! Marco de Vincenzo a utilisé tout le savoir faire de l'Italie puisque tout ces textiles proviennent de ce pays, de quoi faire la fierté du créateur ! 

Marco de Vincenzo
Emilio Pucci
Beaucoup d'imprimés et de couleurs pour cette collection aux allures seventies. Peter Dundas a imaginé cette ligne en pensant à la fille Pucci, celle qui aime la dolce vita. Et le très court est de rigueur pour cela ! Le créateur a associé des couleurs douces à des tonalités  plus foncées, comme ce beau manteau lavande en agneau bouclé porté avec des cuissardes en veau velours rouge carmin, ou ce manteau bleu glacier associé au noir. Les broderies sont très présentes, tout comme les jeux de transparence et les effets plumetis, très délicats. Qui dit années 70, dit graphisme psychédélique, comme cette cape au col fourrure et cette robe ultra courte, en noir et blanc, portées avec des bottes camel. En tous les cas, Peter Dundas a réussi à me faire aimer les cuissardes !!

Emilio Pucci
Aigner
Christian Beck s'est inspiré de l'Islande pour cette ligne, en proposant une collection aux couleurs de ce pays, avec des tonalités clairs et des teintes vives : du blanc, du bleu, du noir mais aussi du prune. Les sujets travaillés sont le contraste entre le chaud et le froid, la féminité, le mystère, l’élément essentiel de la terre et le naturel mysticisme islandais. On retrouve de la laine épaisse, de la dentelle (suisse), de la fourrure et de la georgette de soie avec imprimés floraux, et tout cela dans des formes plutôt modernes. Collection très féminine et romantique !

Aigner
Byblos Milano
L'inspiration de la collection est un mélange du personnage Ophélie de la célèbre pièce de Shakespeare Hamlet, et de l'attitude rock de la top model Kate Moss. Manuel Facchini développe ce côté rock en coiffant les mannequins d'un bandeau noir à la Axel Rose. Les tenues sont essentiellement en noir et blanc, avec quelques silhouettes rouges. Les formes sont assez variées, beaucoup de court, mais aussi des robes longues. Les épaules sont arrondies ou plus marquées sur certaines vestes. S'ajoute un romantisme aux tenues avec des volutes en broderie, mais aussi de la transparence. Cela donne un look psychédélique rock très mettable !

Byblos Milano

Jil Sander
La créatrice Jil Sander, reconnue pour ses vêtements élégants, sobres, modernes et pratiques, a de nouveau mis en avant le minimalisme à travers cette collection. Comme Antonio Berardi, la créatrice s'est inspirée de l'architecte et designer brésilien Oscar Neiemeyer. Les coupes sont nettes et précises. Les tenues ont beaucoup de charisme de par la rigueur de la ligne. Le défilé démarre avec ce superbe long manteau bleu nuit, simple, avec juste deux poches fonctionnelles, porté avec une large ceinture de velours qui féminise tout de suite la silhouette. Les couleurs sont majoritairement sobres : du noir, du gris, du marine, du chocolat. Mais quelques tenues sont toutefois très lumineuses avec par exemple du jaune citron ou de l'orange acidulé. Bien qu'aimant les couleurs, j'ai plutôt été attirée par les tenues ci-dessous. J'aime beaucoup ces vestes, au col arrondi, en fourrure ou en cuir, la coupe y est vraiment parfaite. Pas besoin d'accessoire, le vêtement se suffit à lui-même. Jil Sander a signé chaque vêtement d'une bande dorée soit sur l'envers des fentes de jupe, ou sur le revers des vestes, ou encore sur le décolleté des robes bustier. Cette touche marque le luxe de la ligne de façon discrète, j'adhère !

Jil Sander

Missoni
Du sexy et de la simplicité pour cette collection ! Sans être vraiment structurées, les coupes sont soignées, le but étant de se sentir confortable. Les silhouettes sont décontractées, au point d'avoir des allures de pyjamas, ambiance cocoon ! Les pantalons sont fluides tandis que les robes se portent courtes. Angela Missoni joue sur la superposition, la transparence et les couleurs uniformes. Du noir, du blanc, du nude, mais aussi et surtout des couleurs qui pétillent telles que du vert pomme, du bleu électrique, ou du corail (j'aime !). Les manteaux au col arrondi se ferment juste de l'intérieur par un lien, à la manière d'un peignoir. La créatrice utilise la résille, le tulle et la mousseline voilée pour ajouter une touche sexy à ces tenues légères. Une collection toute en séduction.

Missoni

Laura Biagiotti
La styliste romaine Laura Biagiotti montre de nouveau qu'elle sait s'adapter aux nouvelles tendances et tissus. Elle porte une grande attention aux vestes de laine, cardigans, costumes et capes. La palette de couleurs est composée ici de burgundy, de bleu, de rouge, de jaune, d'or, de beige, de noir (qui se fond avec le gris chiné) et de blanc. Beaucoup de cols fourrure (notamment de l'astrakan), de la dentelle, de la mousseline de soie, du cuir (également en incrustation sur du tissu Prince de Galles ou pied-de-poule)... La créatrice réinterprète le tartan et se sert notamment de tissu à double face pour les manteaux. Coup de coeur pour cette robe à la jupe évasée, dans un tissu moucheté, qui donne l'impression de sortir tout droit d'un tableau peint au pointillisme ! Collection pleine d'élégance.

Laura Biagiotti
Salvatore Ferragamo
Le créateur Massimiliano Giornetti s'est inspiré de l'architecture moderne, des constructions contemporaines du paysage urbain. Le manteau est ici mis en avant avec de la fourrure, du cuir, de la laine... Les couleurs sont plutôt neutres : noir, bleu, gris, blanc cassé et blanc pur. Les formes sont structurées et la tenue se porte courte avec de mini-jupes. Mention spéciale pour ces escarpins/guêtres en cuir, magnifique !

Salvatore Ferragamo
Alberta Ferretti
Beaucoup de raffinement pour cette collection. Alberta Ferretti nous plonge dans un univers précieux. Les silhouettes ont une allure princière avec une ligne chic et sobre. Le défilé démarre avec des vestes et des chemisiers à basque, des robes et jupes courtes ou longues mais toujours ceinturées, le tout bicolore, en noir et blanc. De magnifiques broderies, très travaillées, viennent orner le vêtement, notamment pour souligner les poches ou une épaule. Les tenues sont fluides avec des mousselines transparentes, les cols sont ronds et la ligne est près du corps. Arrivent ensuite quelques couleurs resplendissantes comme le bleu roi, le vert olive, le violet ou le rouge. J'aime beaucoup cet ensemble avec la jupe à godets en velours bleu, coordonnée à un petit haut composée de plusieurs mousselines superposées en noir et bleu. Les robes du soir, comme celle ci-dessous, sont délicatement transparentes avec de la dentelle. Un esthétisme simple, gracieux et élégant.

Alberta Ferretti
Bottega Veneta
Tomas Maier s'est inspiré de l'élégance rétro. Il en résulte une collection chic et glamour. La couleur dominante est le noir, avec quelques tenues aux tons chauds comme le rouge, les différentes tonalités de jaune et d'ocre, ainsi que du blanc et du bleu. Les épaules sont nettement mises en valeur, au départ juste gonflées, elles sont de plus en plus volumineuses au fil du défilé, tout comme les hanches. Les silhouettes sont longilignes avec la taille bien marquée. Le créateur a cette fois-ci beaucoup utilisé la soie, avec un effet origami d'inspiration japonaise. Certaines tenues se terminent de façon effilochée comme c'est le cas pour cette robe blanc cassé agrémentée de couleurs chaudes placées telles une oeuvre picturale abstraite, I love !

Bottega Veneta
Gabriele Colangelo
Pour cette collection, le créateur s'est inspiré du travail du photographe français Laurent Segretier. Ce dernier a étudié la distorsion numérique à travers ses photographies. Gabriele Colangelo a voulu transférer ce genre d'effet sur ses tissus. Les manteaux deviennent en partie transparents, les matières sont translucides, avec des effets de brillance, des jeux de franges et de rayures (également présentes sur la fourrure). Il y a toujours cette balance entre l'homme et la femme, le lourd et le léger. La palette de couleurs va du blanc au bordeaux en passant par le gris, le crème, le bronze et le cuivre. Coup de coeur pour ce long manteau gris clair fait de plusieurs matières, les manches luisantes et la transparence bordée de franges lui donnent un côté un peu futuriste, j'aime beaucoup !

Gabriele Colangelo

Paola Frani
De l'élégance pour cette collection. Paola Frani a utilisé principalement trois couleurs, le rouge, le blanc et le noir qu'elle a mariées entre elles. De la dentelle, de la fourrure et de la soie marquent le raffinement de la collection. Les robes, les pantalons et les manteaux sont simples avec des petites touches de sophistication comme les attaches métalliques de cette veste bicolore. Cette collection montre qu'avec un vêtement tout simple, on peut être très élégante !

Paola Frani

Et pour conclure cette très longue fashion list milanaise, voici le petit tour habituel des créateurs pour lesquels j'ai flashé particulièrement sur une tenue :


                                      Anteprima                                                Antonio Marras

                                  Andrea Incontri                                           Roberto Cavalli 

                                      Sportmax                                                      Trussardi

                                     Kristina T                                                        Musso

Et maintenant, vous trépignez d'impatience de découvrir mes coups de coeur pour les défilés de notre très belle capitale, hein ??!! A bientôt pour ma fashion list parisienne ;-)

Sophie


samedi 16 mars 2013

Look d'un jour : le manteau rétro, chic et élégant !

J'aime porter des tenues originales et qui ont un style, mais mon budget ne me permet pas de dévaliser les boutiques de grandes marques (à moins de le faire au sens littéral du terme^^). C'est pourquoi, avec un peu de recherche, d'imagination, d'astuce et d'audace, je crée mes propres looks, sans pour autant être dans les tendances. J'aime la mode et non être à la mode. Conservatrice, j'accumule les vêtements au fil des années, il m'arrive aussi parfois d'aller à des vide-dressings ou dans les boutiques vintage.

J'ai décidé aujourd'hui de vous faire partager ce goût pour la composition de tenues via cette rubrique intitulée "look d'un jour". Le but est de vous démontrer qu'on peut avoir du style et même de l'élégance, sans pour autant dépenser des fortunes. Le tout est de déterminer vers quel style on veut tendre : chic, rock, glamour, rétro, urbain, working girl, exotique...etc., et ce en sachant marier les couleurs.

La tenue du jour est une silhouette au look rétro chic :


Cette tenue est composée d'un manteau bleu marine des années 70 (acheté dans une boutique vintage) qui en est la pièce maîtresse. Je l'ai noué d'une ceinture de style japonais, dans la même tonalité, avec des broderies rouges et dorées. On retrouve ce rouge sur le pull, ainsi que sur la coiffe et les collants, dans une gamme qui tire vers le grenat. Quant à la couleur or, elle est également présente sur ces jolies chaussures salomés. Pour parfaire la tenue, j'ai ajouté cette magnifique écharpe tube bleu de Prusse, en fausse fourrure, qui s'associe très bien au rouge grenat. L'opposition des couleurs telle que ces collants rouges et ces chaussures dorées, fait encore plus ressortir chaque élément de la tenue. J'aime le petit détail des chevrons sur le manteau (juste sous la taille) qui rappelle bien l'époque de celui-ci. Quant à la coiffe, faite à partir de bas (eh oui! système D...), elle donne un petit côté années 30 très chic et élégant.



Je terminerai en vous disant de ne surtout pas avoir peur du regard des autres. Tout est permis dès lors que vous ne tombez pas dans la vulgarité. Osez les couleurs et l'anachronisme, vous n'en serez que plus stylée ! Et si on vous détaille de haut en bas dans la rue, c'est soit par bienveillance ou par jalousie ! ;-)

Stylistiquement vôtre,

Sophie

Note : Le manteau vient d'une boutique vintage rue de Rivoli à Paris, les chaussures sont un ancien modèle de l'enseigne Texto, le pull a été acheté chez Camaïeu, les collants viennent de chez Promod 
et j'ai trouvé cette splendide écharpe chez Accessorize.

mercredi 13 mars 2013

Ma fashion list des collections Prêt-à-porter Automne/ Hiver 2013/2014 part.2 : Londres

Après un graaannnnd tour du côté des States, nous voici aujourd'hui à Londres, la capitale branchée ! 

Au delà des looks qui me plaisent, j'aime vous parler des inspirations des créateurs. On n'a pas idée de ce qu'un fait  historique, un personnage public, un travail d'artiste, un courant musical...et j'en passe...peut amener un créateur à concevoir toute une collection. C'est un profond travail de recherche, de là en découlent des matières, des couleurs, des imprimés, des formes et  un style. Car ces magnifiques tenues de Prêt-à-porter ne font pas qu'embellir la femme, elles la caractérisent.

Voici donc en images et en explications ma sélection. Enjoy yourself !

Alerte...Alerte...On ne se refait pas, c'est toujours aussi long !

Burberry Prorsum
Comment ne pas mettre cette grande enseigne en haut de ma liste londonienne, j'en suis une grande fan !! Christopher Bailey a intitulé cette collection "Trench Kisses". Joli jeu de mots qui nous met de suite dans le vif du sujet : des émotions, de l'amour et tout cela sur fond d'histoire vraie, puisque le créateur s'est inspiré d'une call girl anglaise des années 60, Christine Keeler, qui fit discréditer le gouvernement conservateur de l'époque d'Harold Macmillan (cette jeune femme, maitresse d'un présumé espion soviétique, eu une liaison avec le gouverneur John Profumo et l'histoire fut rendu public en pleine guerre froide, le gouverneur dut démissionner). De ce scandale historique, Christopher Bailey nous a encore éblouis avec ses créations de trenchs qu'il a revisités. Tout en gardant la coupe classique et le côté chic de ce manteau (double boutonnage, galon sur les épaules, taille resserrée), un réel travail des matières ainsi que des imprimés et des passementeries, a été fait. Tour à tour, on y voit défiler des silhouettes  habillées de manteaux en toile et latex transparent (avec les pattes de poche et la ceinture dorés), en peau avec des imprimés animaliés, ou parés de franges de cuir, ou encore perforés d'oeillets métalliques... Mais aussi des jupes crayons et des hauts, en cuir plastifié, et toujours cet imprimé coeur très présent, comme sur ce  chemisier en soie. Cette collection est un mélange de romantisme et de sensualité...très femme !

Burberry Prorsum

Mary Katrantzou 
Un de mes gros coups de coeur de ces défilés londoniens. J'aime quand les tenues ont un côté théâtral, et là je dois dire que j'ai été servie !  La créatrice qui aime travailler sur le graphisme a ici voulu jouer sur la coupe, les formes audacieuses ainsi que la fusion d'images. Cela donne des vêtements aux allures architecturales. Des robes bustiers en forme d'éventail XXL, des épaules et emmanchures larges et très rondes, des robes cape triangulaires, des pantalons à l'apparence de jupes trapèze asymétriques, des pièces en feutre tissé... Quant aux imprimés, c'est tout un poème... Mary Katrantzou s'est inspiré des photographies de paysages d'Edward Steichen et d'Alfred Stieglitz. Ce qui donne des tableaux aux paysages enchantés tels que des arbres sous un clair-obscur romantique, mais aussi des paysages plus urbains avec ces rues pavées. Le tout dans des tonalités essentiellement grises, noires et bleues qui invitent au mystère. La créatrice se sert du néoprène pour donner de la tenue à ses silhouettes et des tissus voilés pour y apporter un côté léger et vaporeux . Cette collection est résolument très artistique !

Mary Katrantzou

Todd Lynn
Reconnu pour ses looks androgynes, le créateur nous livre ici une collection stucturée et empreinte d'élégance, symbolisant à la fois l'homme et la femme. Pour créer ces silhouettes, Todd Lynn s'est inspiré de l'histoire de bad girls, Hell-Cat Maggie, Sadie Farrell et Annie Walsh, qui ont sévi dans les années 1800, dans le quartier de Five Points, à New York. Elles agressaient des policiers et des hommes pour leur voler leurs vêtements, et les leurs rendaient ensuite en les ayant décousus et recousus les uns avec les autres. Ce qui donne des silhouettes à l'aspect de "déconstruction", mais tout en étant restructurées, comme des manches découpées, des vestes homme prises à l'arrière, des pièces tout en dentelle, des jupes plissées qui rappellent les kilts grâce à un jeu d'ouverture et d'attache en cuir... Une collection tout en raffinement et  en délicatesse.

Todd Lynn


Antonio Berardi
Le créateur s'est inspiré du travail de l'architecte brésilien Oscar Niemeyer pour cette collection. Il s'est intéressé aux formes architecturales, au design, au modernisme des bâtiments à Brazilia ou Rio, pour faire ressortir la sensualité des courbes de la femme. Il y a également une idée de panneaux sur ses silhouettes, comme des fenêtres graphiques, petites ou grandes. Il en ressort un travail de structure et de superposition sur des vêtements à la ligne très simple comme ces robes en tweed gris. Antonio Berardi cherche également à mettre en valeur une des parties sensuelles du corps. Sous ce haut transparent bleu nuit, ce sera le buste, tandis que cette longue robe à traîne, d'un bleu profond, laisse entrevoir une jambe sous une pluie de pierres brodées. Mention spéciale pour le maquillage, quoi de plus féminin qu'une bouche bien rouge sur un maquillage nude, I love it !

Antonio Berardi


Simone Rocha
Beaucoup de simplicité dans les lignes de cette collection. Inspirée de ses grands-mères (l'une irlandaise, l'autre chinoise), la créatrice y a ajouté un brin de folie dans les couleurs : du rose bonbon, du jaune pastel, des imprimés léopard, du noir brillant... Le néoprène a été choisi pour donner un volume maîtrisé comme sur ce manteau rose. Des matières plastifiées ont également été utilisées pour apporter une touche d'innovation, ainsi que des tissus transparents en dentelle ou crochet pour beaucoup de féminité, et de la fausse fourrure comme cette robe jaune qui me fait penser à un petit poussin tout délicat ! L'originalité est présente également dans les formes parfois déstructurées ainsi que dans la superposition des vêtements telle qu'une robe au dessus d'une jupe. Collection sans fioriture mais qui fait son effet !

Simone Rocha


Osman
Le créateur, reconnu pour son rapprochement du design moderne et futuriste avec la mode ancienne, délicate et classique, met ici l'accent sur l'élégance discrète et le raffinement sophistiqué. Un blanc immaculé, un gris élégant, un noir luxueux... Osman Yousefzada prouve que les tenues monochromes ne sont pas ennuyeuses. Il a toujours le soucis de s'en tenir à des silhouettes aux formes minimalistes, mais coupées et construites à la perfection, à la manière d'un architecte, dans de très beaux tissus. Un drapé artistique, de la géométrie d'inspiration couture, un jeu de transparence sensuel, des superpositions en finesse, de magnifiques pièces de cuir imprimé, des jupes asymétriques, des broderies dorées étonnantes... autant d'éléments qui mettent en valeur le corps de la femme et on doit se sentir bien dans ces vêtements !

Osman


John Rocha
Que j'aime quand un créateur nous fait voyager dans un monde féerique... Ici nous partons vers la nature, les campagnes du comté de Wicklow en Irlande. John Rocha surmonte ses silhouettes de longues queues blondes qui se mêlent à la coiffe, rappelant la crinière des chevaux. Cela donne un côté sauvage à l'allure. Pour les couleurs, le créateur a eu plusieurs inspirations. D'abord les paysages de Sally Gap qui traversent les montagnes de Wicklow, ce qui explique les différentes teintes de vert. Il s'est également basé sur  les couleurs de la mer et de la côte dans un tout autre endroit qu'est Tahiti, d'où ces teintes corail, orange, jaune et rose. Mais Jonh Rocha a aussi puisé son inspiration dans le travail de peintres tels que Gary Hum, Sean Scully ou Pierre Soulage, aussi bien pour les couleurs que pour les textures ou les matières, d'où l'intérêt dans cette collection d'expérimenter de nombreux tissus et techniques (crochet en soie et mohair, mousseline et georgette de soie, cuir découpé au laser...). Le créateur aime travailler les volumes, et le rendu est magnifique ! Les silhouettes ont un côté théâtral avec ces formes trapèze, très larges dans le bas, sur les robes, les  jupes, les vestes et les manteaux. Cette collection est tout un poème !

John Rocha

Giles
Le créateur a réussi le pari audacieux de mélanger le style grunge au style romantique. Ainsi, des silhouettes parées d'un bonnet XXL en maille apparaissent dans de longues robes noires, or, rosées,  ou parfois blanches. Le cuir, présent sur certaines tenues, est découpé en forme de fleurs, de plumes ou de franges. De nombreuses formes de robes sont travaillées : la robe fourreau, la robe corolle, la robe évasée aux manches gigot, la robe bustier... Des imprimés or, de grandes fleurs, ainsi que des pastels tye et die dans les tons roses (comme cette veste cape que j'aime beaucoup) viennent apporter de la douceur au noir de jais très présent dans cette collection. Des silhouettes audacieuses qui ne passent pas inaperçues !

Giles

Bora Aksu
Pour cette collection, le créateur s'est inspiré des Dolly Sisters, des jumelles, artistes de vaudeville, qui brisèrent des coeurs dans le New York des années 20. Leur vie privée fut aussi mélodramatique que leur vie publique fut exceptionnelle. Bora Aksu a fait ressortir ce contraste à travers les silhouettes et les tissus. Le mélange de matières a été exploité comme le cuir turc, la peau de mouton, la soierie, les broderies... Côté silhouettes, ce sont des jupes crayons, des robes clapet typique des années 20, des corsets... Mention spéciale pour le côté original et structuré de la coiffe !

Bora Aksu


Christopher Kane
Le créateur a marqué les esprits lors de ce show car il a regroupé en une plusieurs collections passées, revisitées avec beaucoup de succès. Personnellement, j'ai eu un coup de coeur sur ces silhouettes en velours, comme cet ensemble bleu composé d'un haut ajouré et d'un pantalon large en nylon, très couture, ou cette robe magnifique qui expose la peau nue en dessous, dessinant des contours qui sillonnent le corps comme des organes. Ce second modèle a de plus un côté guerrière grâce au grand collier argenté plaqué sur le haut de la poitrine, I love !

Christopher Kane


Vivienne Westwood Red Label
Qui dit fashion week londonienne dit Vivienne Westwood bien sûr ! On ne peut passer à côté des collections de la reine du punk. Avec encore autant d'imagination, elle dévoile pour sa ligne Red Label une collection toujours aussi colorée et décalée. Le show démarre avec des rayures comme ce splendide manteau bleu et rouge assorti aux chaussettes (j'aime !), puis les tenues colorées se suivent et ne se ressemblent pas. Tout est dans l'audace des teintes et des imprimés. Un look simple comme ce petit chemisier blanc rentré dans cette jupe rose irisée, très chic, attire tout de suite l'oeil grâce aux collants très colorés, et ce sans faute de goût ! Ah ! La dame à la chevelure de feu continue encore de nous impressionner !

Vivienne Westwood Red Label


Richard Nicoll
Le créateur nous présente d'abord  une imitation du vestiaire homme dans cette collection de tenues sobres et très sérieuses. Puis, tout en restant dans la simplicité et l'authenticité, des silhouettes moins conventionnelles apparaissent. Richard Nicoll s'est inspiré de l'esprit new wave et de la musique en mouvement dans les années 70/début 80 à New York. Il en ressort des tenues plus créatives, avec des motifs géométriques comme cette superbe robe, des jupes et des manteaux en vinyle, ou des imprimés croco comme ce second modèle travaillé avec du cuir également. Cette collection prouve que la simplicité peut faire beaucoup d'effets !

Richard Nicoll


Tom Ford
Pour son retour sur les podiums, Tom Ford a voulu une collection très fun et a  mixé de nombreux genres, en mélangeant les époques, les cultures et les styles. Il en ressort des imprimés ethniques, pop art, Art déco... Je retiendrais de cette collection les deux silhouettes ci-dessous, l'une mêlant le graphisme noir/blanc aux imprimés colorés pop art, et l'autre valorisant le mélange de la fourrure teinte aux imprimés contrastés graphiques et floraux sur un splendide manteau.

Tom Ford


Pringle of Scotland
Le spécialiste  de la maille écossaise de luxe, célèbre pour sa signature de losanges et le fameux twin-set, nous montre ici son penchant pour l'innovation en toute simplicité. Les silhouettes ont un côté années 60. La maison anglaise repousse les limites de la maille pour créer de magnifiques pièces. Coup de coeur pour  cette robe d'un blanc immaculé, à l'aspect tubulaire, ou ce manteau dans un très beau bleu bleuet à la coupe très structurée. La marque a beau ne pas avoir encore trouvé de successeur aux précédents directeurs artistiques, elle n'en est pas moins toujours aussi créative et débordante d'idées novatrices.

Pringle of Scotland


Jean-Pierre Braganza
Pour cette collection, le créateur s'est inspiré des formes de la géométrie divine, du côté guerrier noble des samouraïs, et de l'univers sombre du roman de science-fiction Dune de Frank Herbert. Ses silhouettes ont une attitude de guerrière Valkyrie (de la mythologie nordique). Ce sont des femmes fatales et libres. Influencé par l'art moderne, Jean-Pierre Braganza a également la volonté d'avoir une approche contemporaine de la couture. Les tenues, essentiellement noires, sont élégantes et sophistiquées. Je vous ai sélectionné ces deux longues silhouettes. L'une joue sur le drapé et le contraste des couleurs. Tandis que l'autre met en valeur le décolleté grâce à la forme XXL d'un revers de col (de veste), ajusté sur une tunique ceinturée. Collection résolument futuriste et sexy !

Jean-Pierre Braganza


Temperley London
La créatrice s'est inspirée ici de l'actrice Tippi Hedren dans le film d'Alfred Hitchcock Les Oiseaux (1963). Elle aime le côté romance et glamour qui ressort de ces vieux films. Ainsi apparaissent des silhouettes dans des jupes, des robes, des manteaux, des tenues de soirée, tous aussi chics et élégants, accessoirisés par des foulards noués autour du cou, par de longs gants ou par de grandes lunettes de soleil, ce qui parfait ce look hollywoodien des années 60. Quelle classe d'avoir comme sur la photo ci-dessous le même imprimé pour le manteau et la robe ! Quant à la seconde silhouette, j'aime ce côté décontracté chic, avec cette veste courte portée sur ce pantalon long et large à carreaux (aux teintes discrètes) qui allonge la silhouette. Alice Temperley nous démontre que les époques révolues peuvent toujours être revisitées avec style !

Temperley London


Pour clore ce chapitre londonien, voici un petit tour des créateurs pour lesquels une silhouette m'a tout particulièrement tapée dans l'oeil, soit du point de vue de la coupe, de la couleur, des imprimés, du style, ou de la créativité :

                                    Felder Felder                                               Jasper Conran

                               Matthew Williamson                                  Preen by Thornton Bregazzi

                                     Fashion East                                                  Paul Smith
                              

A très vite pour une nouvelle rubrique ludique (je ne vous en dis pas plus ;-)) avant de vous parler à nouveau de la  fashion week di Milano !

Sophie