mercredi 13 mars 2013

Ma fashion list des collections Prêt-à-porter Automne/ Hiver 2013/2014 part.2 : Londres

Après un graaannnnd tour du côté des States, nous voici aujourd'hui à Londres, la capitale branchée ! 

Au delà des looks qui me plaisent, j'aime vous parler des inspirations des créateurs. On n'a pas idée de ce qu'un fait  historique, un personnage public, un travail d'artiste, un courant musical...et j'en passe...peut amener un créateur à concevoir toute une collection. C'est un profond travail de recherche, de là en découlent des matières, des couleurs, des imprimés, des formes et  un style. Car ces magnifiques tenues de Prêt-à-porter ne font pas qu'embellir la femme, elles la caractérisent.

Voici donc en images et en explications ma sélection. Enjoy yourself !

Alerte...Alerte...On ne se refait pas, c'est toujours aussi long !

Burberry Prorsum
Comment ne pas mettre cette grande enseigne en haut de ma liste londonienne, j'en suis une grande fan !! Christopher Bailey a intitulé cette collection "Trench Kisses". Joli jeu de mots qui nous met de suite dans le vif du sujet : des émotions, de l'amour et tout cela sur fond d'histoire vraie, puisque le créateur s'est inspiré d'une call girl anglaise des années 60, Christine Keeler, qui fit discréditer le gouvernement conservateur de l'époque d'Harold Macmillan (cette jeune femme, maitresse d'un présumé espion soviétique, eu une liaison avec le gouverneur John Profumo et l'histoire fut rendu public en pleine guerre froide, le gouverneur dut démissionner). De ce scandale historique, Christopher Bailey nous a encore éblouis avec ses créations de trenchs qu'il a revisités. Tout en gardant la coupe classique et le côté chic de ce manteau (double boutonnage, galon sur les épaules, taille resserrée), un réel travail des matières ainsi que des imprimés et des passementeries, a été fait. Tour à tour, on y voit défiler des silhouettes  habillées de manteaux en toile et latex transparent (avec les pattes de poche et la ceinture dorés), en peau avec des imprimés animaliés, ou parés de franges de cuir, ou encore perforés d'oeillets métalliques... Mais aussi des jupes crayons et des hauts, en cuir plastifié, et toujours cet imprimé coeur très présent, comme sur ce  chemisier en soie. Cette collection est un mélange de romantisme et de sensualité...très femme !

Burberry Prorsum

Mary Katrantzou 
Un de mes gros coups de coeur de ces défilés londoniens. J'aime quand les tenues ont un côté théâtral, et là je dois dire que j'ai été servie !  La créatrice qui aime travailler sur le graphisme a ici voulu jouer sur la coupe, les formes audacieuses ainsi que la fusion d'images. Cela donne des vêtements aux allures architecturales. Des robes bustiers en forme d'éventail XXL, des épaules et emmanchures larges et très rondes, des robes cape triangulaires, des pantalons à l'apparence de jupes trapèze asymétriques, des pièces en feutre tissé... Quant aux imprimés, c'est tout un poème... Mary Katrantzou s'est inspiré des photographies de paysages d'Edward Steichen et d'Alfred Stieglitz. Ce qui donne des tableaux aux paysages enchantés tels que des arbres sous un clair-obscur romantique, mais aussi des paysages plus urbains avec ces rues pavées. Le tout dans des tonalités essentiellement grises, noires et bleues qui invitent au mystère. La créatrice se sert du néoprène pour donner de la tenue à ses silhouettes et des tissus voilés pour y apporter un côté léger et vaporeux . Cette collection est résolument très artistique !

Mary Katrantzou

Todd Lynn
Reconnu pour ses looks androgynes, le créateur nous livre ici une collection stucturée et empreinte d'élégance, symbolisant à la fois l'homme et la femme. Pour créer ces silhouettes, Todd Lynn s'est inspiré de l'histoire de bad girls, Hell-Cat Maggie, Sadie Farrell et Annie Walsh, qui ont sévi dans les années 1800, dans le quartier de Five Points, à New York. Elles agressaient des policiers et des hommes pour leur voler leurs vêtements, et les leurs rendaient ensuite en les ayant décousus et recousus les uns avec les autres. Ce qui donne des silhouettes à l'aspect de "déconstruction", mais tout en étant restructurées, comme des manches découpées, des vestes homme prises à l'arrière, des pièces tout en dentelle, des jupes plissées qui rappellent les kilts grâce à un jeu d'ouverture et d'attache en cuir... Une collection tout en raffinement et  en délicatesse.

Todd Lynn


Antonio Berardi
Le créateur s'est inspiré du travail de l'architecte brésilien Oscar Niemeyer pour cette collection. Il s'est intéressé aux formes architecturales, au design, au modernisme des bâtiments à Brazilia ou Rio, pour faire ressortir la sensualité des courbes de la femme. Il y a également une idée de panneaux sur ses silhouettes, comme des fenêtres graphiques, petites ou grandes. Il en ressort un travail de structure et de superposition sur des vêtements à la ligne très simple comme ces robes en tweed gris. Antonio Berardi cherche également à mettre en valeur une des parties sensuelles du corps. Sous ce haut transparent bleu nuit, ce sera le buste, tandis que cette longue robe à traîne, d'un bleu profond, laisse entrevoir une jambe sous une pluie de pierres brodées. Mention spéciale pour le maquillage, quoi de plus féminin qu'une bouche bien rouge sur un maquillage nude, I love it !

Antonio Berardi


Simone Rocha
Beaucoup de simplicité dans les lignes de cette collection. Inspirée de ses grands-mères (l'une irlandaise, l'autre chinoise), la créatrice y a ajouté un brin de folie dans les couleurs : du rose bonbon, du jaune pastel, des imprimés léopard, du noir brillant... Le néoprène a été choisi pour donner un volume maîtrisé comme sur ce manteau rose. Des matières plastifiées ont également été utilisées pour apporter une touche d'innovation, ainsi que des tissus transparents en dentelle ou crochet pour beaucoup de féminité, et de la fausse fourrure comme cette robe jaune qui me fait penser à un petit poussin tout délicat ! L'originalité est présente également dans les formes parfois déstructurées ainsi que dans la superposition des vêtements telle qu'une robe au dessus d'une jupe. Collection sans fioriture mais qui fait son effet !

Simone Rocha


Osman
Le créateur, reconnu pour son rapprochement du design moderne et futuriste avec la mode ancienne, délicate et classique, met ici l'accent sur l'élégance discrète et le raffinement sophistiqué. Un blanc immaculé, un gris élégant, un noir luxueux... Osman Yousefzada prouve que les tenues monochromes ne sont pas ennuyeuses. Il a toujours le soucis de s'en tenir à des silhouettes aux formes minimalistes, mais coupées et construites à la perfection, à la manière d'un architecte, dans de très beaux tissus. Un drapé artistique, de la géométrie d'inspiration couture, un jeu de transparence sensuel, des superpositions en finesse, de magnifiques pièces de cuir imprimé, des jupes asymétriques, des broderies dorées étonnantes... autant d'éléments qui mettent en valeur le corps de la femme et on doit se sentir bien dans ces vêtements !

Osman


John Rocha
Que j'aime quand un créateur nous fait voyager dans un monde féerique... Ici nous partons vers la nature, les campagnes du comté de Wicklow en Irlande. John Rocha surmonte ses silhouettes de longues queues blondes qui se mêlent à la coiffe, rappelant la crinière des chevaux. Cela donne un côté sauvage à l'allure. Pour les couleurs, le créateur a eu plusieurs inspirations. D'abord les paysages de Sally Gap qui traversent les montagnes de Wicklow, ce qui explique les différentes teintes de vert. Il s'est également basé sur  les couleurs de la mer et de la côte dans un tout autre endroit qu'est Tahiti, d'où ces teintes corail, orange, jaune et rose. Mais Jonh Rocha a aussi puisé son inspiration dans le travail de peintres tels que Gary Hum, Sean Scully ou Pierre Soulage, aussi bien pour les couleurs que pour les textures ou les matières, d'où l'intérêt dans cette collection d'expérimenter de nombreux tissus et techniques (crochet en soie et mohair, mousseline et georgette de soie, cuir découpé au laser...). Le créateur aime travailler les volumes, et le rendu est magnifique ! Les silhouettes ont un côté théâtral avec ces formes trapèze, très larges dans le bas, sur les robes, les  jupes, les vestes et les manteaux. Cette collection est tout un poème !

John Rocha

Giles
Le créateur a réussi le pari audacieux de mélanger le style grunge au style romantique. Ainsi, des silhouettes parées d'un bonnet XXL en maille apparaissent dans de longues robes noires, or, rosées,  ou parfois blanches. Le cuir, présent sur certaines tenues, est découpé en forme de fleurs, de plumes ou de franges. De nombreuses formes de robes sont travaillées : la robe fourreau, la robe corolle, la robe évasée aux manches gigot, la robe bustier... Des imprimés or, de grandes fleurs, ainsi que des pastels tye et die dans les tons roses (comme cette veste cape que j'aime beaucoup) viennent apporter de la douceur au noir de jais très présent dans cette collection. Des silhouettes audacieuses qui ne passent pas inaperçues !

Giles

Bora Aksu
Pour cette collection, le créateur s'est inspiré des Dolly Sisters, des jumelles, artistes de vaudeville, qui brisèrent des coeurs dans le New York des années 20. Leur vie privée fut aussi mélodramatique que leur vie publique fut exceptionnelle. Bora Aksu a fait ressortir ce contraste à travers les silhouettes et les tissus. Le mélange de matières a été exploité comme le cuir turc, la peau de mouton, la soierie, les broderies... Côté silhouettes, ce sont des jupes crayons, des robes clapet typique des années 20, des corsets... Mention spéciale pour le côté original et structuré de la coiffe !

Bora Aksu


Christopher Kane
Le créateur a marqué les esprits lors de ce show car il a regroupé en une plusieurs collections passées, revisitées avec beaucoup de succès. Personnellement, j'ai eu un coup de coeur sur ces silhouettes en velours, comme cet ensemble bleu composé d'un haut ajouré et d'un pantalon large en nylon, très couture, ou cette robe magnifique qui expose la peau nue en dessous, dessinant des contours qui sillonnent le corps comme des organes. Ce second modèle a de plus un côté guerrière grâce au grand collier argenté plaqué sur le haut de la poitrine, I love !

Christopher Kane


Vivienne Westwood Red Label
Qui dit fashion week londonienne dit Vivienne Westwood bien sûr ! On ne peut passer à côté des collections de la reine du punk. Avec encore autant d'imagination, elle dévoile pour sa ligne Red Label une collection toujours aussi colorée et décalée. Le show démarre avec des rayures comme ce splendide manteau bleu et rouge assorti aux chaussettes (j'aime !), puis les tenues colorées se suivent et ne se ressemblent pas. Tout est dans l'audace des teintes et des imprimés. Un look simple comme ce petit chemisier blanc rentré dans cette jupe rose irisée, très chic, attire tout de suite l'oeil grâce aux collants très colorés, et ce sans faute de goût ! Ah ! La dame à la chevelure de feu continue encore de nous impressionner !

Vivienne Westwood Red Label


Richard Nicoll
Le créateur nous présente d'abord  une imitation du vestiaire homme dans cette collection de tenues sobres et très sérieuses. Puis, tout en restant dans la simplicité et l'authenticité, des silhouettes moins conventionnelles apparaissent. Richard Nicoll s'est inspiré de l'esprit new wave et de la musique en mouvement dans les années 70/début 80 à New York. Il en ressort des tenues plus créatives, avec des motifs géométriques comme cette superbe robe, des jupes et des manteaux en vinyle, ou des imprimés croco comme ce second modèle travaillé avec du cuir également. Cette collection prouve que la simplicité peut faire beaucoup d'effets !

Richard Nicoll


Tom Ford
Pour son retour sur les podiums, Tom Ford a voulu une collection très fun et a  mixé de nombreux genres, en mélangeant les époques, les cultures et les styles. Il en ressort des imprimés ethniques, pop art, Art déco... Je retiendrais de cette collection les deux silhouettes ci-dessous, l'une mêlant le graphisme noir/blanc aux imprimés colorés pop art, et l'autre valorisant le mélange de la fourrure teinte aux imprimés contrastés graphiques et floraux sur un splendide manteau.

Tom Ford


Pringle of Scotland
Le spécialiste  de la maille écossaise de luxe, célèbre pour sa signature de losanges et le fameux twin-set, nous montre ici son penchant pour l'innovation en toute simplicité. Les silhouettes ont un côté années 60. La maison anglaise repousse les limites de la maille pour créer de magnifiques pièces. Coup de coeur pour  cette robe d'un blanc immaculé, à l'aspect tubulaire, ou ce manteau dans un très beau bleu bleuet à la coupe très structurée. La marque a beau ne pas avoir encore trouvé de successeur aux précédents directeurs artistiques, elle n'en est pas moins toujours aussi créative et débordante d'idées novatrices.

Pringle of Scotland


Jean-Pierre Braganza
Pour cette collection, le créateur s'est inspiré des formes de la géométrie divine, du côté guerrier noble des samouraïs, et de l'univers sombre du roman de science-fiction Dune de Frank Herbert. Ses silhouettes ont une attitude de guerrière Valkyrie (de la mythologie nordique). Ce sont des femmes fatales et libres. Influencé par l'art moderne, Jean-Pierre Braganza a également la volonté d'avoir une approche contemporaine de la couture. Les tenues, essentiellement noires, sont élégantes et sophistiquées. Je vous ai sélectionné ces deux longues silhouettes. L'une joue sur le drapé et le contraste des couleurs. Tandis que l'autre met en valeur le décolleté grâce à la forme XXL d'un revers de col (de veste), ajusté sur une tunique ceinturée. Collection résolument futuriste et sexy !

Jean-Pierre Braganza


Temperley London
La créatrice s'est inspirée ici de l'actrice Tippi Hedren dans le film d'Alfred Hitchcock Les Oiseaux (1963). Elle aime le côté romance et glamour qui ressort de ces vieux films. Ainsi apparaissent des silhouettes dans des jupes, des robes, des manteaux, des tenues de soirée, tous aussi chics et élégants, accessoirisés par des foulards noués autour du cou, par de longs gants ou par de grandes lunettes de soleil, ce qui parfait ce look hollywoodien des années 60. Quelle classe d'avoir comme sur la photo ci-dessous le même imprimé pour le manteau et la robe ! Quant à la seconde silhouette, j'aime ce côté décontracté chic, avec cette veste courte portée sur ce pantalon long et large à carreaux (aux teintes discrètes) qui allonge la silhouette. Alice Temperley nous démontre que les époques révolues peuvent toujours être revisitées avec style !

Temperley London


Pour clore ce chapitre londonien, voici un petit tour des créateurs pour lesquels une silhouette m'a tout particulièrement tapée dans l'oeil, soit du point de vue de la coupe, de la couleur, des imprimés, du style, ou de la créativité :

                                    Felder Felder                                               Jasper Conran

                               Matthew Williamson                                  Preen by Thornton Bregazzi

                                     Fashion East                                                  Paul Smith
                              

A très vite pour une nouvelle rubrique ludique (je ne vous en dis pas plus ;-)) avant de vous parler à nouveau de la  fashion week di Milano !

Sophie

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