vendredi 19 avril 2013

Ma fashion list des collections Prêt-à-porter Automne/ Hiver 2013/2014 part.4 : Paris

Me revoilà ! Vous avez du vous demander "Que se passe-t-il ?? Plus de post ?? Et la fashion week de Paris ? ". Plus d'inquiétude, voilà sans plus tarder la dernière partie de mes fashion lists, et pour compenser mon retard, je vous ai mis plein de photos, vous n'allez pas être déçus ! Rendez-vous à la fin de ce post pour vous résumer une belle rencontre, mais je ne vous en dis pas plus ! C'est parti...

Louis Vuitton
Parce que j'apprécie quand un créateur raconte une histoire à travers un défilé et aussi, bien sûr, parce que j'ai adoré cette collection, j'ai placé le travail de Marc Jacobs en tête de liste. Ici, il nous emmène dans le couloir d'un grand hôtel imaginaire, en s'inspirant du film Fenêtre sur cours d'Alfred Hitchcock. Le créateur joue sur l’exhibitionnisme. De nos jours, avec les réseaux sociaux nous aimons susciter la curiosité des autres sur notre vie, nous nous exhibons. Marc Jacobs a choisi le style des années 40 pour illustrer cette histoire. Tout est dans la sensualité. Il emprunte les manteaux du vestiaire masculin et leur donne une touche pleine de glamour et de féminité. Le créateur mélange les matières : des plumes brodées sur des dentelles ou encore des paillettes sur des manteaux en laine ou en astrakan. La fourrure et le satin sont également très présents. La tenue de nuit devient tenue de jour, ainsi on voit apparaître des nuisettes, des pyjamas et des robes fines. Louis Vuitton rend la femme très sensuelle et mystérieuse à travers cette collection d'un chic très parisien !

Louis Vuitton

Gareth Pugh
Le créateur, connu pour ses lignes avant-gardistes, nous a de nouveau époustouflés avec cette collection très couture à la fois sombre et mystérieuse. Gareth Pugh s'est inspiré d'une tribu de femmes nommée "Asgarda", vivant séparément des hommes dans la montagne des Carpates en Ukraine. Ces femmes prônent l'idéologie féministe radicale à travers le recommencement d'une guerre des sexes sans concession. Le créateur passe de la lumière à l'obscurité en démarrant la collection avec des silhouettes blanches. On y voit de longues robes et jupes de style victorien, en coton  matelassé, combinées avec des vestes, le tout souligné par des broderies dorées dans le bas représentant des branches d'arbre (symbolisant sans doute les forêts des Carpates). Il utilise le cuir lisse et la peau de mouton pour affirmer ce côté "guerrière". Puis arrivent le noir, le gris et le bleu profond et sombre. Les décolletés asymétriques et dominants allongent la silhouette et lui donnent de la puissance. Le défilé se termine par des modèles recouverts de bandes noires en plastique cousues comme des franges, impressionnant ! Grande fan de Gareth Pugh, je n'ai vraiment pas été déçue et je suis persuadée qu'on entendra encore beaucoup parler de lui tellement ses créations sont passionnantes !

Gareth Pugh

Christian Dior
Pour cette collection Raf Simons s'est inspiré de sa passion commune à celle de Monsieur Dior : l'art. En effet, vous ne le savez peut être pas (moi même je l'ai découvert il y a quelques semaines en lisant la biographie du couturier), mais Christian Dior était féru d'art, et a même tenu une galerie avant de travailler dans le milieu de la mode. Ainsi défilent des robes en soie aux imprimés et broderies représentant les oeuvres d'Andy Warhol ou encore de Salvador Dali. On y retrouve également le fameux tailleur Bar en laine noir ou denim gris, ainsi que l'imprimé pied-de-poule, cher à la maison, associé au crochet (de couleur !). J'aime beaucoup aussi ce manteau en tweed, marqué à la taille, qui se porte comme une robe. Toutes les longueurs sont présentes mais la jupe mi-mollets est très prisée. Toujours des effets d'ondulation ci et là, notamment avec ces robes en maille irlandaise en noir et blanc. Raf Simons a vraiment la volonté de garder l'image d'élégance et de féminité de la maison Dior, tout en apportant sa touche contemporaine. Dior, j'adore !

Christian Dior

Haider Ackermann
Que j'aime la mode d'Haider Ackermann ! Ses formes architecturales, ses drapés, ses superpositions... tout un art ! Du vert kaki au noir en passant par la couleur tabac ou le gris chiné, une palette à la fois sombre et profonde. Le cuir et la laine sont toujours aussi présents, mais cette fois-ci la fourrure fait sa grande entrée, portée en doublure de manteaux. Ces longues pièces, ces manches surdimensionnées et ces grands cols donnent un côté majestueux aux silhouettes. On retrouve à la fois une influence asiatique avec ces vestes-tuniques et une connotation africaine (le créateur ayant vécu une partie de son enfance sur ce continent) avec ces sahariennes très cintrées et donc très féminines. Haider Ackermann sait mettre la femme en valeur avec des tenues à la fois sophistiquées et épurées, pas étonnant que de grandes maisons aimeraient l'avoir comme successeur à d'autres grands créateurs... Affaire à suivre !

Haider Ackermann

Dries Van Noten
Dries Van Noten ou l'art de féminiser un vestiaire masculin ! Cet homme a vraiment le don de transformer n'importe quel grand manteau, pantalon ou chemise homme en de magnifiques pièces féminines à la fois douces, romantiques et élégantes. Le créateur se serait inspiré du couple mythique Fred Astaire et Ginger Rogers pour illustrer ce thème de la fusion entre un homme et  une femme lorsqu'ils ne font plus qu'un.  Pour cela il n'hésite pas à exagérer la féminité en mettant en avant les fioritures des années 20 avec des broderies vives, des plumes imposantes, des franges de soie, des imprimés floraux...tout en gardant des coupes nettes, avec des tissus empruntés à la garde robe masculine comme le rayé, la flanelle ou le Prince de Galles. Dries Van Noten nous montre à nouveau l'art de superposer des vêtements, sans faute de goût, comme ces robes portées au dessus d'un pantalon. Ainsi la transparence et la légèreté des volumes viennent se marier aux lignes précises et structurées. Quant aux couleurs, cela va des tons irisés aux teintes vives. J'aime beaucoup cette robe mêlant un rose incarnadin à un jaune primaire (cela me rappelle l'une de mes silhouettes de la collection Blasphème). Défilé très poétique, I love !

Dries Van Noten

Céline
De la simplicité et de la modernité pour cette collection. La styliste Phoebe Philo s'est inspirée à la fois des peintures réalistes de la Renaissance flamande et des formes de la sculpture abstraite, ce qui donne une ligne pure et contemporaine aux couleurs  neutres comme l'écru, le rose poudre, le bleu ciel, le marine, le vert anglais, le gris perle ou le noir. Laine feutrée, laine bouillie et vison ont tour à tour été travaillés tout en rondeur. J'aime beaucoup ces manteaux XXL qui viennent emmitoufler le corps comme une couverture, tout comme ces étoles tubulaires, très cocon. Que de créativité dans ces robes aux manches qui n'en sont pas mais qui viennent à leur tour envelopper la taille. La styliste pousse l'originalité jusqu'à intégrer des colliers dans les cols montants car c'est le petit détail qui fait tout ! Tout comme ces sacs berlingot que j'adore, assortis à la tenue, c'est la cerise sur le gâteau ! Céline nous montre comment être simple et moderne tout en faisant preuve d'originalité dans son look, j'adhère.

Céline

Tsumori Chisato
Comme j'aime tout ce qui est féerique et imaginaire, forcément je ne peux que plébisciter l'univers de la créatrice japonaise. Pour cette collection, Tsumori Chisato s'est inspirée du milieu aquatique. Plus précisément de la puissance, de la beauté, de la profondeur, des couleurs et des mouvements qui émanent des chutes d'eau. Ainsi cette ligne est tout en rondeur, laissant la part belle aux volants et autres formes arrondies, sur fond d'imprimés vifs ou de graphismes noirs et blancs. J'aime beaucoup le côté artistique qui ressort de cette robe noire de forme boule aux manches bouffantes, ou de ces robes aux imprimés noir, bleu et corail soulignés de fleurs au contour doré. Une collection résolument originale !

 Tsumori Chisato

Valentino
Une collection pleine de pureté. Pier Paolo Piccioli et Maria Grazia Chiuri se sont inspirés des Pays-Bas et de la peinture flamande en mélangeant la sensualité à la sévérité d'une silhouette majestueuse. Un équilibre est créé entre la douceur des matières et le contrôle de la ligne. Les cols, les grands décolletés, et les plastrons en dentelle font la grâce des tenues. Les inspirations flamandes sont nombreuses. Des robes aux grandes encolures rappellent les portraits du peintre Vermeer. Quant aux silhouettes "tapisserie", elles font référence aux huiles de Jan Van Eyck avec ses représentations de famille. Et enfin ces somptueuses broderies bleues sont sans rappeler les célèbres céramiques de la ville de Delft aux Pays-Bas. En parlant de couleurs, celles-ci sont très lumineuses : jaune pale, vert amande, rouge rubis, bleu soutenu... Les silhouettes sont aussi bien courtes que longues et dans toutes les formes possibles : droites, évasées, de forme tulipe...Le but étant de pouvoir créer un style unique pour des femmes différentes. J'aime la délicatesse et la sensualité que le duo de créateurs a su faire ressortir de cette magnifique collection.

Valentino

Valentin Yudashkin
Le créateur russe nous fait ici voyager à travers les paysages enneigés de son pays. Il s'est inspiré des motifs folkloriques de l'hiver russe, des cristaux de neige et des couleurs hivernales. Le blanc cristallin est donc la couleur phare de la collection. D'autres nuances froides apparaissent comme le beige ou l'écru, ainsi que des tons métalliques comme le gris argenté, le bleu fumé ou menthe à l'eau qui rappellent les reflets de lumière sur la neige et la glace. Qui dit hiver russe, dit fourrure. Celle ci vient apporter des notes chaudes telles que le brun. Le créateur utilise également la laine, le crêpe de Chine, le cachemire, la mousseline, la soie, la dentelle de Chantilly mais aussi le satin duchesse, le taffetas métallisé et les tissus à effet 3D donnant de la profondeur à la ligne. J'aime beaucoup le côté sophistiqué de cette blouse en soie associée à une jupe crayon dans un bleu pastel, ou encore la féerie de cette robe toute en transparence, ornée de plumes, de dentelle brodée et de bijoux qui imitent les cristaux de neige. Mention spéciale à ces petits chapeaux tambourins qui apportent un petit côté rétro très chic !

Valentin Yudashkin

Moncler Gamme Rouge
On continue dans le grand froid avec le travail de Giambattista Valli développé en trois parties. D'abord la population du Grand Nord avec les Esquimaux et leurs chiens loups, puis l'aventure avec les explorateurs et les alpinistes, et enfin, sur une touche d'humour, l'histoire d'amour entre un flocon de neige et un ours polaire. Pour illustrer ces histoires, le créateur a imaginé de magnifiques manteaux capes en fourrure (j'adore), d'élégantes doudounes matelassées noires composées de tweed à carreaux rouges, ou encore des pardessus originaux imprimés de photos de montagnes et brodés de cristaux de glace. Le spectacle est magnifique et montre qu'on peut être très belle et élégante par des températures négatives !

Moncler Gamme Rouge

Chanel
Décor XXL qui montre ici la suprématie de la grande maison dans le milieu de la mode. Un énorme globe terrestre a été placé au centre de la verrière du Grand Palais indiquant à l'aide de drapeaux lumineux toutes les implantations planétaires des boutiques Chanel, et ce sur fond de musique Daft Punk avec leur titre phare Around the world. Car s'il y a 100 ans Coco Chanel s'adressait à une population nationale ou à la limite européenne avec sa première boutique à Deauville, aujourd'hui la maison s'affiche dans le monde entier. Ce décor amène une collection aux allures futuristes dans un style à la fois rock, gothique, et chic. Les jupes et robes sont courtes, portées avec des cuissardes en cuir agrémentées parfois de chaînettes  Les silhouettes ont des allures de guerrières avec des bonnets casques en vison façon carré (qui rappellent étrangement la coupe de la prêtresse de la mode Ana Wintour), des épaules arrondies, des manchette et des gants cloutés, des vestes matelassées ornées de plastrons, des cols relevés et en guise de sac des minaudières en forme de globe (qui me rappellent là aussi quelques unes de mes silhouettes d'une collection dessinée à Esmod intitulée Entre Ciel et Terre, dont vous avez déjà  pu découvrir un look sur le blog). Le tailleur tweed est revisité de façon plus rock, et Karl Lagerfeld, grâce aux techniques des ateliers, joue sur les matières, avec de nombreuses broderies qui apportent de nouveaux motifs. Le créateur, au fil des années, réussit à garder le style Chanel tout en réinventant le vestiaire à chaque nouvelle saison, bravo !

Chanel

Jean Paul Gaultier
Pour cette collection, le couturier s'est inspiré d'un objet technique qui est un mannequin en carton servant à régler les tailles. De là, le show démarre dans un esprit punk, avec des silhouettes de guerrières romantiques parées de hauts structurés en cuir clouté (à chaque fois une manche est défaite au niveau de l'épaule, comme déchirée, grâce à des pressions) et de jupes longues en mousseline. Le tout est porté avec des bottes cavalières, des bottines à talons, mais aussi des baskets plates, agrémentées de bandelettes qui viennent entourer la jambe. Les silhouettes ont un mélange masculin/féminin avec notamment ces coiffures courtes sur le dessus et longues dans la nuque. J'aime beaucoup cette idée d'une étole tubulaire bi-matière (en fourrure et maille) qui vient entourer un top en cuir jusqu'à devenir une manche. Le défilé continue avec des jupes plus courtes, des pantalons et des leggings, toujours en gardant ce côté asymétrique dans la silhouette. Pour Jean Paul Gaultier, l'hiver se veut élégant avec beaucoup de fourrures de différentes couleurs et textures (différents poils, épaisseurs et poids) associées à d'autres matières. Magnifique cette robe capuche en fourrure ultra ceintrée à la taille, très féminin ! Autre tenue qui me plait beaucoup, cette veste zippée en fourrure, portée sur une robe aux même tons vert et violet, avec un imprimé géométrique représentant des silhouettes, le tout est très harmonieux.  Le patchwork est aussi de mise aussi bien sur les tenues de jour avec des longs manteaux de fourrure, que sur celles de soir avec des longues robes à paillettes en stretch , toujours avec ces découpes décalées. Très belle collection pour le créateur qui a renoué avec ses grands débuts puisque le défilé a eu lieu dans la salle Wagram, là où il a fait ses premiers show il y a près de 35 ans !

Jean Paul Gaultier

Yohji Yamamoto
Que j'aime le travail du styliste japonais ! La façon dont il joue avec les volumes, tout en étant très rigoureux, est tout simplement magnifique ! Yohji Yamamoto nous fait voyager à la fois à travers son pays d'origine et à travers la ville de Paris, sa terre d'adoption, et ce tout en nostalgie. Le résultat est très beau, des silhouettes aux manches kimono, des tissus plissés, des robes tout en origami nous rappellent le Japon, tandis que les tailleurs, les robes évasées et les chapeaux nous renvoient à la mode de la capitale française. Les perruques à la coupe carré rappellent les premières mannequins japonaises venues dans la capitale dans les années 50 et 70. Une collection presque monochrome s'il n'y avait eu 2-3 tenues colorées au milieu du show. Que le noir profond est beau et élégant ! Une collection résolument romantique et poétique, avec un grand savoir-faire. 

Yohji Yamamoto

Miu Miu
Parce que c'est le genre de tenue que je porte facilement, il était normal que je parle aujourd'hui de cette collection. Miuccia Prada évoque les années 50 avec des silhouettes simples mais égayées par des touches fantaisistes. Les épaules sont très larges, la taille est ceinturée,  les boutons sont oversize et la longueur des robes est mi-mollet. Le sportswear se mélange au style dandy avec des blousons matelassés qui deviennent des bustiers ceinturés, très couture ! Mais ce qui fait tout, c'est cette touche pop, pleine de couleurs qu'on retrouve d'abord sur les accessoires : foulards à pois, chaussettes et collants à rayures...puis en total imprimé sur les robes. Le bleu, le jaune, le rouge, le rose viennent égayer les premières tenues noires ou bleues nuit par petites touches grâce aux accessoires, puis en total look sur les robes, jupes et manteaux. Et pour couronner le tout, de splendides sandales colorées à talon, à la fois pop et rétro, j'adore !!

Miu Miu

Lanvin
Avec cette collection, Alber Elbaz a voulu avant tout se faire plaisir sans se préoccuper des "qu'en-dira-t-on". Ainsi il pare les tenues d'insectes, avec des broches et des colliers d'abeille mais aussi avec des motifs de chenilles, papillons et scarabées brodés sur des robes en soie. Sous des airs d'années 50, le créateur mélange de somptueuses étoffes comme ce magnifique top mille feuilles en mousseline sur une jupe droite en soie, mais il utilise aussi des matières plus contemporaines comme le néoprène. La fourrure colorée et le cuir sont également très présents. Alber Elbaz nous montre à nouveau sa maîtrise du drapé qui parait simple et pourtant très travaillé. Les tenues sont accessoirisées de colliers et de ceintures à inscriptions comme les mots "Help", "Life", "Happy" et  "Love" qui apportent de la poésie au show. Collection très chic et glamour !

Lanvin

Akris
J'aime la simplicité et la sobriété qui ressortent des collections de la maison suisse. Une fois encore, Albert Kriemler sublime la femme avec des tenues sans fioriture, mais qui mettent le corps en valeur, avec des silhouettes longilignes, des coupes discrètes et des tissus tombant délicatement. Collection quasi monochrome puisque ce sont des silhouettes noires qui défilent (à l'exception d'une seule tenue blanche). Le créateur joue avec les transparences, il montre sans vraiment dévoiler, quel raffinement ! J'aime beaucoup cette robe transparente recouverte partiellement d'un damier noir, c'est si sensuel. Et comme on dit "black is beautiful !". Le savoir-faire est là et ça se voit à travers le style et l'assurance des modèles. Ce sont des tenues de luxe faites pour le quotidien, au bureau ou en soirée, so chic !

Akris

Vanessa Bruno
La créatrice, connue pour ses collections simples et épurées, mélange astucieusement ici le masculin au féminin en s'inspirant des années 60. Le défilé démarre avec des silhouettes androgynes portant des costumes, puis arrivent des vestes et des manteaux d'homme associés à de mini-jupes. Cette collection tend vers le minimalisme avec des couleurs sobres comme le noir et blanc, le gris, le marine, mais tout en étant ultra féminine. Les grands décolletés, les ajouts de broderies, de paillettes et d’œillets métalliques, les plissés qui flottent...autant de détails qui adoucissent la collection. Les pièces sont parfois composées de différentes matières comme ce manteau très sixties en drap de laine recouvert aux épaules, sur les poches et sur l'ourlet de cuir blanc. Vanessa Bruno aime l'idée de pouvoir enfiler une robe comme un tee shirt et de la porter très mini, de façon à bien montrer les jambes. J'aime beaucoup cette robe blanche composée de motifs façon Art déco en sequins argentés. La créatrice sait mettre en avant le chic parisien avec modernité, et c'est ce qui fait son succès.

Vanessa Bruno

Felipe Oliveira Baptista
Parce que j'aime les créations sophistiquées et sculpturales du créateur portugais, il était normal qu'aujourd'hui je vous parle de sa collection. Felipe Oliveira Baptista aime travailler les formes et les matières, et il nous le montre bien ici avec ces longues robes bustier en nylon ciré, de forme tube, qui font apparaître des imprimés animaliers au gré des mouvements du corps. Les carrures, tombantes ou bien raides, sont très larges et affirment la silhouette. Les vêtements couture ont une touche de sportswear avec le mélange des matières comme le nylon et le lurex. Les manteaux sont proposés en cuir, dans des coupes très sophistiquées. Quant à la palette de couleurs, cela va du noir aux différentes nuances de bleu, en passant par des touches jaune-orange sur quelques tenues. On sent que le créateur a fait un grand travail de recherche des matières et des formes, je dis bravo !

Felipe Oliveira Baptista

Guy Laroche
Pour cette collection, Marcel Marongiu s'est inspiré du style de personnalités du rock comme Jimmy Hendricks ou Prince, mais aussi de l'actrice et chanteuse Marlène Dietrich qui chanta pour les G.I. pendant la guerre, vêtue d'un blouson aviateur de soldat.  Cela donne une collection à la fois très féminine, rock et sexy.  Si la principale couleur du défilé est le noir, le créateur ose les couleurs vives en total look comme le rose fushia et le violet sur certaines tenues, et le résultat est magnifique ! Cela apporte de la force aux silhouettes, tout comme les harnais en cuir portés en guise de top. Les jupes crayon fendues, les robes façon résille (en dentelle dévorée) et les imprimés camouflage sur de la soie apportent de la sensualité aux tenues. Avec cette collection, le créateur témoigne du fait que la femme est fière de se montrer mais qu'elle a aussi une force de caractère. Elle entend bien de ne pas être un objet sexuel, car seule elle décide si on peut la toucher ou pas !

Guy Laroche

Andrew GN
Passionné par l'art et l'artisanat, le créateur singapourien nous présente ici une collection inspirée de l'Art déco. Andrew GN joue sur les volumes, les couleurs et les imprimés. La ligne, à la fois contemporaine et empreinte d'une période passée, se porte courte. La coupe est soit droite ou évasée et ceinturée à la taille. Blanc, jaune, orange, rose, rouge, bordeaux, bleu, vert, marron, gris, noir et j'en passe...c'est une palette multicolore qui défile pour le plaisir des yeux. La fourrure est très présente sur le col des manteaux tandis que le cuir vient renforcer les épaules. Le motif Art déco est présent partout avec les imprimés et les reliefs très travaillés. La maîtrise de la ligne et la mixité des couleurs  vives montrent qu'Andrew GN est toujours à la recherche de la perfection et de la beauté sur fond d'humour.

Andrew GN

Emmanuel Ungaro
Il semblerait que l'arrivée du nouveau styliste Fausto Puglisi a des effets très positifs sur la marque. Le créateur a su retranscrire l'identité de la maison dans cette nouvelle collection tout en adaptant la ligne à notre époque. Les grands  imprimés qui ont fait la renommée d'Emmanuel Ungaro sont de retour. On sent l'inspiration des années 70-80 avec des motifs léopard et à pois (de différentes tailles) associés aux tissus unis de couleur jaune citron, bleu électrique, turquoise ou violet.  Les épaules sont marquées, les jupes sont courtes, les robes sont drapées, les pantalons sont de forme carotte, et les manteaux portent de grands cols. Cette collection très audacieuse exprime peut être enfin le grand retour de la maison, et ce sans prétention du jeune styliste, une belle leçon d'humilité !

Emmanuel Ungaro

Alexander McQueen
C'était un défilé peu quantitatif (dix silhouettes en tout) mais très qualitatif ! Sarah Burton s'est inspirée de la religion sous des airs de royauté pour créer cinq duos de modèles. Ces pièces ne sont peut être pas mettables dans la vie quotidienne mais ça relève du grand art ! Les tenues sont majestueuses avec des robes volumineuses composées de tissus ornés et brodés de perles. Les visages sont dissimulés dans des cages en perles et les silhouettes sont comme des sculptures précieuses. Les personnages sont tout aussi bien une communiante en robe de dentelle (aux manches gigot), qu'une reine en col fraise (cela me rappelle un de mes dessins de la collection Blasphème que je vous montrerai très bientôt) et jupe crayon. D'autres silhouettes magistrales arrivent comme ce personnage céleste paré d'une traîne de perles et recouverte de plumes blanches sur les manches, ou encore cette créature noire en corset aux hanches marquées. Vraiment, on peut qu'admirer le travail de la maison et se rendre compte des heures qu'il a fallu pour accomplir tous ces chefs d'oeuvre. Cette collection aurait pu se trouver dans les défilés Haute Couture, bravo à Sarah Burton et à toutes les petites mains qui sont derrière ce travail somptueux !

Alexander McQueen

Sonia Rykiel
Geraldo Da Conceicao a su retranscrire les codes de la maison à travers cette nouvelle collection : le mélange masculin/féminin, la maille, le cuir... tout en apportant sa touche personnel. Les tenues se portent avec de grandes chaussettes, les vestes en maille (sans col) se ferment avec de gros boutons, les carrures sont marquées par des empiècements triangulaires d'une couleur contrastée. J'aime beaucoup cette ensemble en mohair rose layette et rose bonbon, souligné comme d'un trait de pinceau sur la poitrine et la hanche. Le défilé se termine par une série de pulls à motifs jacquards (des fleurs, des plumes, des formes géométriques) avec parfois des incrustations de dentelle, associés à des pantalons en cuir de différentes couleurs. Dans l'ensemble, cette collection avait un côté rétro "contemporain" qui m'a bien plu. Certaines tenues étaient très osées voir "shocking" au vu de certains, mais l'esprit de la maison était bien là !

Sonia Rykiel

Nina Ricci
Pour cette collection, Peter Copping s'est inspiré de l'univers du théâtre et de la danse. Son regard ne s'est pas porté uniquement sur la tenue de scène mais aussi sur celle que portent les ballerines lors des séances d'entrainement ou de répétition. Cela amène beaucoup de grâce et de féminité au défilé. Les silhouettes sont allongées avec des tenues cintrées et des jupes longues. Tels les bodys des danseuses, les encolures sont profondes, et tels les jupons de ballerines, certaines jupes sont légères et amples. Certaines pièces sont en tricot léger ou en laine feutrée. Le créateur joue avec les superpositions et les "trompe l’œil"  comme par exemple une veste dont l'encolure se termine en manches nouées sur le devant tel un pull qu'on porte sur les épaules. Pour le soir, on voit apparaître de longues robes en satin duchesse ou en mousseline, avec parfois des plumes ou des incrustations de dentelle. Peter Copping a voulu créé une collection contemporaine tout en gardant l'esprit de la maison : de la féminité, du romantisme et un côté très parisien. Tout cela est si glamour, j'aime !

Nina Ricci

Kenzo
Le duo de créateurs Carol Lim et Humberto Leon a voulu moderniser certaines idées trouvées dans les archives de Kenzo. Ils sont partis de robes de rubans multicolore pour créer des nouveaux tissus, concevoir des nouveaux motifs et élaborer de nouvelles techniques et matières. En s'inspirant également de leur récent voyage en Inde, Népal et Chine, les directeurs artistiques ont confectionné une collection emprunte de luxe contemporain. Ils ont reproduit sur des bandes les motifs de temples orientaux. Beaucoup d'or métallisé, du rouge, du bleu (en inspiration au bleu du ciel) et du noir. Les manteaux ont des allures de kimono comme cette veste noir ceinturée ou ce long manteau rouge métallisé. Les blousons courts ont à la fois un côté urbain et un côté chic, comme cette magnifique pièce bleue en fourrure portée sur un legging. Alors que les rayures et les motifs asiatiques sont très présents, un imprimé revient de manière récurrente sur une partie de la collection, il s'agit du symbole de l’œil protecteur qu'on retrouve dans les temples indiens. Carol Lim et Humberto Leon nous invitent à une exploration culturelle à travers ces temples pour nous raconter l'histoire de la marque et cela donne des envies de voyage...

Kenzo

Junya Watanabe
Que de punch dans cette collection ! Un mélange de punk et d'esprit couture font de cette ligne une collection très urbaine, voyante et chic à la fois. Le perfecto est revisité avec audace et modernisme, tandis que de longs manteaux s'affichent en tweed coupé dans le biais. Des couleurs flashy, des imprimés patchwork, des découpes en cuir et des zips partout rappelant le blouson de motard... Mais ce que j'adore avant tout dans cette collection c'est ce super boyfriend avec empiècements patchwork, trop trop beau !! Junya Watanabe nous montre de nouveau qu'il arrive à se distinguer dans le milieu de la mode grâce à ses créations innovantes de vêtements structurés dans des matériaux modernes. Pas étonnant qu'il a fait ses premières classes au sein de la grande enseigne Comme des Garçons.

Junya Watanabe
Ann Demeulemeester 
Pour cette collection, la créatrice belge reste dans sa palette de couleurs : le noir et le blanc. Des silhouettes longilignes d'allure androgyne apparaissent, vêtues de chapeaux melon percés de plumes, très poétique ! La transition du noir au blanc se fait tout en douceur grâce à la technique du tye and dye. Le jeu de transparence et de superposition apportent un côté bohème aux tenues. Le cuir marque la taille tandis que l'encolure est soulignée d'une frange de cheveux (elle aussi tye and dye). Cette collection, toute en retenue, montre le côté artistique de la créatrice, et qui dit art dit émotion...J'aime !

Ann Demeulemeester

Anne Valérie Hash
La créatrice revisite ici le smoking de manière décalée. Il fallait oser, Anne Valérie Hash l'a fait ! Des silhouettes vêtues élégamment apparaissent baskets Nike aux pieds ! Les tailleurs sont des combinaisons en soie blanche ou  noire associée à de la dentelle de Calais. Celle-ci laisse entrevoir un décolleté, un dos, une épaule, une taille ou une jambe... La créatrice suggère sans dévoiler et tout dans le raffinement et la grâce ! Les cols sont asymétriques, voir à l'envers, et les tuxedos s'accompagnent d'une traîne qui apporte un côté majestueux à la silhouette. On peut dire que ce défilé ne manquait pas d'originalité !

Anne Valérie Hash

Elie Saab
Le créateur, fidèle à son image, crée à nouveau une collection  pleine d'élégance. On retrouve de la transparence avec des tissus fluides, mais aussi de l'épaisseur et de l'opacité avec des tissus plus lourds. Elie Saab mélange le féminin avec le masculin en présentant des pièce allégées associées à d'autres très structurées. Si le noir est majoritairement présent avec le bleu marine, d'autres couleurs soutenues comme le prune, le vert jaune, ou le bleu canard viennent égayer la collection. La taille est haute et allonge le corps. Les robes de soirées sont fendues et laissent entrevoir la jambe grâce à la dentelle traitée cette fois ci comme un tissu normal. Pour résumer, les tenues sont d'un classicisme à la fois chic et sexy qui subliment la femme et la rendent ensorcelante, du pur Elie Saab !

Elie Saab
Et pour terminer, quelques maisons présentées en une seule ou deux tenue(s) qui m'ont particulièrement marquée :

Paco Rabanne

Balmain

AF Vandervorst

Rochas

Issey Miyake

Maxime Simoëns

Vionnet

Stella McCartney

Rue du Mail

Giambattista Valli

Leonard

                                    Cédric Charlier                                                Mugler

                                   Manish Arora                                         Vivienne Westwood

                             Comme des Garçons                                   Jean Paul Lespagnard

                                  Claudine Ivari                                           Hussein Chalayan

                                  Isabel Marant                                              Saint Laurent

                                         H&M                                                           Hermès

                                Peachoo+Krejberg                                        Zadig&Voltaire

Voilà ! Désormais vous connaissez tout de mes préférences mode pour la saison Automne-Hiver 2013/2014. A défaut d'avoir pu vous dévoiler ces collections dans la foulée des fashion weeks, j'espère vous avoir apporté, pour les fashionistas, des informations complémentaires comme les inspirations des créateurs ou les détails stylistiques, et pour les néophytes, de belles découvertes vestimentaires !

Vous avez pu voir que la fréquence de publication sur le blog se faisait plus rare ces derniers temps. La raison est que je travaille parallèlement sur mes créations, et afin  de pouvoir m'y consacrer pleinement dans les semaines à venir, je vais continuer de jouer au fantôme ! 

J'ai eu la chance il y a quelques semaines de participer à  un atelier couture à la Gaîté Lyrique avec  le créateur japonais Hideki Seo dont je vous ai présenté quelques oeuvres dans mon post consacré à l'exposition ARRRGH ! Cela a été une rencontre très enrichissante. Hideki Seo a deux activités : son travail d'assistant auprès du grand couturier Azzédine Alaïa et ses créations personnelles. Ces dernières sont des œuvres textiles à la frontière du vêtement et de la sculpture, cela relève de l'art. Le contact est très bien passé entre nous. Il faut dire que  le créateur est une personne très humble et d'une grande gentillesse. Nous avions pu échanger quelques mails avant la rencontre, cela lui a permis de découvrir mon univers créatif à travers le blog, et chose formidable, il a adoré en précisant qu'il y avait beaucoup d'inspiration ! J'ai été très flattée qu'un tel artiste puisse reconnaître mon travail de débutante. Lors de la rencontre, Hideki Seo a pris le temps de regarder mon book et m'a vivement conseillé de continuer à créer car les idées originales sont là ! 

Je vous laisse donc pour quelques temps, mais je serai de retour dès que possible pour vous présenter mes nouvelles créations originales.  

Je terminerai avec cette phrase de Pablo Picasso qui me correspond bien : "Je ne peins pas ce que je vois, je peins ce que je pense".

A très bientôt ! ;-)

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